justice

Trois mises en examen chez les pompiers de la Somme

L’affaire mine le Sdis de la Somme depuis des années.

L’affaire mine le Sdis de la Somme depuis des années. 
Trois salariés du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Somme viennent d’être mis en examen par le juge d’instruction chargé de l’affaire. L’ancien directeur, le colonel Marc Dehédin, une cadre, et son ancien conjoint, pompier professionnel, ont été entendus la semaine dernière et mercredi 30 mai par les enquêteurs de la police judiciaire d’Amiens dans le cadre de la garde à vue. La justice se demande si le pompier n’a pas bénéficié d’un traitement de faveur illégal dans le cadre d’un accident survenu en intervention.

Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2010, l’homme de 40 ans a été blessé après que le véhicule des pompiers soit entré en collision avec une voiture à Amiens. Le pompier, volontaire à cette époque, avait été blessé. Après plusieurs expertises, cet autoentrepreneur sera déclaré inapte à reprendre son activité. Selon nos informations, le Sdis n’a pas attendu que l’assurance du conducteur de la voiture verse les indemnités à ce pompier, devenu professionnel plus tard. Il lui a versé environ 150 000 euros comme avance sur son préjudice et indemnités journalières, ce qui ne serait pas légal, et cette indemnisation aurait été trop généreuse d’environ 25 000 euros. Le Sdis aurait été alerté de l’illégalité de la pratique, mais serait passé outre.

À l’audience sur intérêt civil du tribunal correctionnel, le Sdis s’était constitué partie civile pour récupérer auprès de l’assurance l’argent versé au conducteur. L’assurance a finalement déposé plainte pour escroquerie au jugement et à l’assurance.

« Il n’y a pas d’infraction pénale »

L’avocat du pompier et de la cadre, Me Stéphane Diboundje, conteste les faits : son client n’a jamais demandé de traitement de faveur, et son ex-conjointe «  n’est à aucun moment rentrée dans le processus d’indemnisation  ». «  Dans cette affaire, il n’y a pas d’infraction pénale. Elle ne repose que sur des erreurs, aucunement sur une volonté de détourner des fonds. À la base, il ne s’agit que d’une mauvaise interprétation d’un te xte  », commente Me Giuseppina Marras, qui assure la défense d’une salariée du service juridique du SDIS.

L’enquête se poursuit.

G.L.

source courrier picard : http://www.courrier-picard.fr/113849/article/2018-06-01/trois-mises-en-examen-chez-les-pompiers-de-la-somme