Au volant d’une BMW, il a percuté une Peugeot 205 en 2011 à Amiens. L’accident a fait un mort et un blessé grave. Un an de prison ferme a été requis.

Le drame s’est produit le 25 juin 2011, vers 18 heures, dans le quartier Etouvie à Amiens. Une BMW M3 percute très violemment une Peugeot 205 à un carrefour. Le conducteur de cette Peugeot, Rachid Zariouhi, 22 ans, est décédé. Son passager, âgé de 19 ans, a été éjecté. Très grièvement blessé, il est resté alité pendant six semaines.

Le conducteur de la BMW a été jugé cette semaine pour homicide involontaire. L’homme, âgé de 33 ans, était invité à un mariage ce jour-là. On lui a prêté cette puissante voiture « pour aller chercher un ami ». Il n’était ni alcoolisé, ni drogué. Et, contrairement à ce qu’ont indiqué des témoins, le prévenu se défend d’avoir fait du rodeo avec cette BMW. Il admet cependant que sa vitesse était excessive.

Un expert l’a établi « entre 96 et 107 km/h », lui pense qu’il roulait à « 70 ou 80 » : « Mais je ne roulais pas vite pour rouler vite. Je savais qu’on était dans un quartier populaire, qu’il peut y avoir des enfants… J’étais pris dans une discussion, et dans cette grosse voiture, on ne sent pas la vitesse. »

Le trentenaire, inconnu de la justice, dit « assumer ses responsabilités ». Mais il maintient que la Peugeot 205 a grillé le Stop : « Le véhicule est sorti de ma droite. J’ai donné un grand coup de volant, mais c’était trop tard ». Les deux passagers de la BMW diront la même chose. Quant à celui de la Peugeot 205, il ne se souvient de rien.

La présidente Briet s’étonne qu’un expert ait pu affirmer que la Peugeot 205 s’était bien arrêtée au Stop. Et tous les acteurs du procès ont regretté des manquements à l’enquête. Un frère de la victime a expliqué que « cela fait deux ans que l’on souffre. Et on est blessé de voir aujourd’hui que l’enquête a été bâclée ». Les juges ne disposaient même pas des photos de l’accident dans leur dossier…

Pour les parties civiles, Me Stéphane Diboundje, que la Peugeot 205 ait oui ou non grillé le Stop ne change pas le problème : « On met de côté les hypothèses et on ne prend que les certitudes : il roulait trop vite. Si ça n’avait pas été le cas, il aurait pu l’éviter ».

Le procureur de la République, Françoise Dalle, suit la même logique : « La cause déterminante, c’est l’excès de vitesse ». Elle requiert deux ans de prison, dont un an assorti du sursis.

M e Stéphane Enguéléguélé, l’avocat du prévenu, insiste : « La faute est involontaire ! » Pour lui, les réquisitions sont beaucoup trop lourdes. La décision sera rendue le 6 août.
GAUTIER LECARDONNEL

Source Le Courrier Picard