Deux ans après avoir déposé plainte pour avoir découvert le corps de leur mère à la télévision, les frères dénoncent la lenteur des autorités.

Comme leurs quatre autres frères, Sébastien et Arnaud Léon sont en colère. « On ne comprend pas, rien n’avance dans cette affaire. » Les frères ont déposé plainte en octobre 2011 après avoir découvert le corps de leur mère dans un reportage diffusé sur la chaîne Direct 8. Il avait été tourné en juin 2011 entre Amiens et Péronne dans le cadre d’un documentaire pour l’émission « Quartier général », portant sur la profession des médecins légistes. Pour les besoins de cette enquête, la journaliste avait visiblement bien reçu les autorisations des autorités. Mais aucune des familles n’avait été informée de ce tournage. Au total, quatre plaintes ont été déposées.

« L’enquête n’a même pas commencé »

Les familles avaient eu la surprise de reconnaître le corps des défunts, malgré les floutages. Pour ce qui concerne la fratrie Léon, le reportage a été filmé dans la chambre de leur mère, sans que quiconque ne les ait avertis auparavant.

Une habitante de Bermesnil avait pour sa part découvert à la télévision le corps de son père, décédé dans un accident de tracteur. Ces autres Picards avaient reconnu leur frère, décédé par pendaison.

Deux ans après les plaintes, l’affaire est restée en l’état. « L’enquête n’a même pas commencé ! Aucune audition n’a eu lieu, pas même celle de mes clients », s’emporte M e Stéphane Diboundje.

Le procureur de la République d’Amiens, Bernard Farret, a transmis le dossier dans les Hauts-de-Seine, département où se trouve le siège de la chaîne de télévision. Le 4 avril dernier, le parquet a indiqué par courrier aux frères Léon qu’il « avait de nouveau adressé une demande d’enquête (…) en soulignant l’urgence » du dossier. Rien n’y fait. Le 19 juin, c’est cette fois le procureur général de la cour d’appel d’Amiens qui prend sa plume dans un courrier adressé aux frères Léon. Il reconnaît que « des investigations ont été ordonnées par le parquet d’Amiens en région parisienne, mais que, malgré plusieurs rappels, celles-ci sont d’une extrême longueur ».

Les policiers de Puteaux sont-ils à ce point débordés pour ne pas enquêter ? L’affaire ne semble pourtant pas des plus complexes.

« Cela fait deux ans que ça dure, il ne faut quand même pas exagérer », se lamentent Arnaud et Sébastien. M e Stéphane Diboundje ne voudrait pas en arriver à cette issue, mais il l’envisage vu l’inaction dans cette enquête, le recours à une citation directe.

Si tel était le cas, tous les acteurs du dossier devraient aller s’expliquer devant le tribunal correctionnel.
GAUTIER LECARDONNEL

Source Le Courrier Picard