Jean-Luc Mavre nie avoir prémédité le meurtre de sa femme et la volonté de tuer les policiers, en juillet 2015. Ses arguments n’ont pas convaincu. Il doit être jugé en 2017.

L ’enquête est finie. Jean-Luc Mavre, 48 ans, est renvoyé devant la cour d’assises de la Somme. En 2017, il devra répondre de tentative d’assassinat sur son épouse, Suzanne, 51 ans, et sur les quatre policiers arrivés sur les lieux.
Au cours de l’instruction, le quadragénaire a soutenu que son terrible geste envers sa femme, qu’il a abattue d’un coup de fusil, n’était pas prémédité. Il dit avoir été pris d’un «  coup de folie  ». Quant aux tirs, toujours au fusil, sur les policiers, il soutient les avoir fait «  instinctivement », et qu’il n’avait aucune intention de les tuer. Ses arguments : il a visé leurs gilets pare-balles, et s’il avait eu l’intention d’attenter à leur vie le chasseur qu’il est aurait utilisé des balles à sanglier.
Son avocate, Me Claire Gricourt, a fait appel de l’ordonnance de renvoi. Elle a plaidé en mai dernier devant la chambre de l’instruction pour que son client soit renvoyé pour homicide sur sa femme et violences volontaires sur les policiers. Elle n’a pas été entendue. Les magistrats ont confirmé l’ordonnance du juge d’instruction Karim Sekkaki.
Ce jour-là, à 20 h 34, Suzanne avait passé un premier appel aux policiers. Elle parlait à voix basse. Puis elle s’est adressée à son mari : «  Fais pas ça Jean-Luc ! Arrête Jean-Luc ! Pourquoi tu me menaces comme ça  ». Derrière, on entend la voix du mari : «  Tu l’as voulu ta merde, tu l’as voulu, tu m’as fais chier toute la journée. Je vais faire comme Coulibaly. Tu vas voir ta gueule ». La conversation téléphonique avait été interrompue. L’épouse avait rappelé peu après : «  Venez, venez  », disait-elle.
Quand les policiers sont arrivés, rue Derain, Vallée Saint-Ladre, la femme hurle : «  Il prend son fusil ! » Une détonation retentit. Jean-Luc Mavre vient de l’abattre. L’expertise balistique a déterminé qu’il avait tiré alors qu’il se trouvait entre 50 et 60 cm de la victime. Elle a été touchée au thorax. «  L’assassinat ne fait aucun doute  », pour Me Djamila Berriah, avocate en parties civiles.
Déjà en prison en 2007
Le quadragénaire s’est ensuite mis à la fenêtre. Il a tiré à deux reprises sur les policiers qui venaient d’arriver. Ces derniers ont répliqué, sans l’atteindre. «  L’intention d’homicide ne fait aucun doute dans la mesure où l’accusé a tiré sur les policiers dès l’arrivée de ces derniers, sans sommation, en visant le haut du corps et la tête des fonctionnaires de police, et en tirant sur eux à courte distance avec des cartouches de calibre 12 en épaulant son arme  », argumentent les avocats Me Stéphane Diboundje et Pascal Bibard.
Jean-Luc Mavre avait déjà été condamné à un an de prison, dont 8 mois avec sursis, en septembre 2007, pour violences sur sa femme. Connu pour d’autres faits de violences, il craignait de retourner en prison. Lors de l’instruction, il a reconnu qu’avant de passer à l’acte, il avait menacé sa femme avec le fusil et lui avoir dit : «  Si tu appelles la police, je vais leur tirer dessus  ».
Le drame a eu lieu sous fond d’alcool. Le couple souffrait de cette addiction depuis de nombreuses années. Jean-Luc et Suzanne Mavre s’étaient rencontrés en 2002, ils s’étaient mariés en 2005. Jean-Luc Mavre encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Selon son avocate, Me Claire Gricourt, il «  exprime des regrets très clairs. Quelle que soit l’issue du procès, quelle que soit la peine, cet homme s’en veut terriblement sur le plan moral. »

 

SOURCE : COURRIER PICARD >>