Amiens : la fille d’une femme tuée en 1983 de 30 coups de couteau va assigner l’État pour faute lourde et déni de justice

Par Le Figaro avec AFP

Le 26 janvier 2026 à 21h52

Sujets

Marylise Spicher a été tuée le 26 juillet 1983, à l’âge de 27 ans, alors que sa fille Katy, était âgée de 6 ans.

La fille de Marylise Spicher, tuée en 1983, va assigner l’État pour faute lourde et déni de justice devant le tribunal judiciaire de Paris, dénonçant des «carences» et des «dysfonctionnements graves» de la justice dans cette affaire, a annoncé lundi son avocat. Marylise Spicher a été tuée de trente coups de couteau à Amiens le 26 juillet 1983, à l’âge de 27 ans, rappelle dans un communiqué Me Stéphane Diboundje, l’avocat de sa fille Katy, alors âgée de 6 ans.

Faits divers

L’enquête judiciaire a été clôturée selon lui par une «ordonnance de non-lieu rendue en 1988», alors même que le meurtre «n’avait pas été élucid黫Bien que le frère de la victime ait avoué deux fois le meurtre, il bénéficiera d’un non-lieu mystérieux en 1988», relève Me Diboundje. Malgré de «multiples demandes de réouverture de l’enquête et d’accès au dossier», y compris dans les délais de prescription, Katy Spicher n’a jamais obtenu de «réponse effective» des autorités judiciaires, déplore son avocat.

«Des témoignages nouveaux»

En 2025, «des témoignages nouveaux, précis et circonstanciés» selon lui sont venus renforcer les demandes de réouverture de l’enquête. Cependant, «un refus explicite de réouverture a été opposé par le parquet d’Amiens fin décembre 2025», mettant «définitivement fin à toute perspective d’investigation pénale ».

Pour l’avocat de Katy Spicher, ces manquements constituent une «atteinte manifeste au droit fondamental à un recours effectif» et ont «entraîné une perte de chance procédurale majeure», notamment celle «d’empêcher la prescription de l’action publique». Le délai de prescription d’un meurtre, au-delà duquel une action en justice n’est plus recevable, était de 10 ans avant 2017. Ce délai a été allongé à 20 ans depuis, mais pas pour les crimes prescrits avant 2017.

Un voisin a avoué l’avoir étranglé

Contacté, le procureur de la République d’Amiens, Jean-Philippe Vicentini, a déclaré à l’AFP ne pas être opposé à une réouverture de l’enquête, tout en estimant qu’aucun élément juridique ne le permet à ce stade. Si l’avocat démontre «qu’il y a une possibilité juridique de reprendre ces investigations, je ne suis pas opposé à rouvrir cette enquête, mais encore faut-il que juridiquement ce soit possible, et pour l’instant je n’ai pas d’élément dans le dossier qui me le démontre», a-t-il déclaré.

La Cour de cassation a récemment entériné la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, bien qu’un voisin ait avoué en 2022 l’avoir étranglée en 1986. En réaction à cette décision, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est dit dimanche «favorable à mettre fin à la prescription pour les crimes de sang».

source le Figaro et AFP: https://www.lefigaro.fr/faits-divers/amiens-la-fille-d-une-femme-tuee-en-1983-de-30-coups-de-couteau-va-assigner-l-etat-pour-faute-lourde-et-deni-de-justice-20260126?msockid=22de8ae7799765ca3f5884ae78966467