Les prévenus, qui comparaissaient hier, ont écopé jusqu’à 4 ans de prison ferme pour séquestration et violences sous fond de drogue à Amiens, en février 2012.

Pour les juges, il y a bien eu séquestration, violences, sur fond de trafic de stupéfiants. Même si la victime est de la même famille que trois des sept prévenus. Il y a son demi-frère, Marouane Bencherqui, 20 ans.

L’Amiénois était incarcéré à la prison de la Santé au moment des faits, le 18janvier2012. Pour les magistrats, il est l’instigateur de l’opération. Le but: récupérer l’argent, qui était enterré dans la cour de son père, à Amiens nord.

La victime était suspectée d’avoir volé le magot, issu d’un trafic de drogue.

Le «lieutenant» de l’affaire, Mahamet Douga, 22 ans, meilleur ami de M.Bencherqui, s’en défend: «C’était de l’argent que j’ai gagné en travaillant au noir».

Ce jour-là, la victime est emmenée dans une voiture. Sont présents Mahamet Douga, mais aussi, selon l’accusation, les hommes de main: Mickael Goubo, 29 ans, Gohourou Guibado, 29 ans, et Jonathan Ces, 24 ans.

L’homme est d’abord emmené à son domicile, où se trouve sa petite amie. Mais le magot n’y est pas. L’équipe repartira avec les économies de la victime.

Séquestré chez son propre père en sa présence

Cette dernière est emmenée chez son propre père, Ahmed Bencherqui, 59 ans. En sa présence, elle y est violentée. Les agresseurs appelleront son frère pour qu’il leur remette 10000 euros afin d’obtenir sa libération.

Ce frère a prévenu la police. Et ce sont les fonctionnaires qui finiront par libérer la victime, qu’ils trouveront «en pleurs et prostrée ».

Les policiers trouveront de l’argent caché, ainsi qu’un cahier de comptes correspondant à celui d’un trafic de stupéfiants. Les enquêteurs y ont vu la signature de Mahamet Douga, mais aussi celle de M.Bencherqui père. Ce dernier s’est toujours défendu d’avoir participé à un quelconque trafic.

Les avocats des deux principaux prévenus, Mes Combes et Berriah, se sont employés à ce que l’affaire ne soit pas perçue comme aussi grave qu’elle n’en a l’air: « Enlèvement? La victime – qui n’est pas une oie blanche – est montée de son plein gré dans la voiture. Les coups? Elle n’a eu qu’une légère ecchymose au crâne», a plaidé Me Combes.

Les défenseurs des «hommes de main», Mes Fay, Demarcq et Diboundje, se sont attachés à démontrer que ce costume était trop grand pour eux. Tandis que les avocats d’Ahmed Bencherqui et son épouse Safia Mahmoud, 42ans, Mes Daquo et Fayein-Bourgois, ont cherché à démontrer qu’ils n’étaient pas impliqués dans le trafic.

Prévenus et avocats ont déchanté quand les sanctions sont tombées. Elles sont plus lourdes que les réquisitions du procureur: 5ans dont un an avec sursis pour Marouane Bencherqui, 3 ans et 6mois de prison pour Mahamet Douga, 3 ans de prison pour Mickaël Goubo, 20 mois pour Gohourou Guibado, 18 mois dont 9 avec sursis pour Jonhatan Ces, 18 mois dont 6 avec sursis pour Ahmed Bencherqui, et 12 mois dont 10avec sursis pour Safia Mahmoud.

GAUTIER LECARDONNEL

Source Le Courrier Picard